Ciel

Si j'étais moins con,
Je dirais à maman combien je l'aime.
J'écrirais même en dormant.

Si j'étais moins con,
J'aurais le sourire aux lèvres
Et je foncerais vers mes rêves.

Si j'étais moins con,
Je m'offrirais aux femmes
Plutôt qu'à la flemme.

Si j'étais moins con,
J'irais là où la vie me mène
Sûrement pas attaché à la télé donc aux chaînes.

Si j'étais moins con,
Je t'aurais dit tout cela avec ta langue
Parlant ainsi à tes cinq sens
Pour que de mon âme tu es l'essence,
L'essence,
Ciel.
# Posté le vendredi 17 septembre 2004 00:56

Gladiateur

Gladiateur
Depuis l’éternité, enfermé dans cette geôle, d’avecque ces anonymes.
Où nous pleurons, torrents de vague à l’âme, mélancoliques rivières
(Dans nos cages imaginaires.)
Notre volonté nous y a emmené parce que sous le joug des chimères
Une odeur de complaisante détresse hante et peu ou proue nous anime,
(Dans nos cages imaginaires.)

Je ne sais que trop bien, que se fut Mars, Maudit soit-il, le fautif à mes yeux.
Mon ego grandissant par ses soins, me fit lâcher la rose pour que reste le poing.
Et à la chaleur du doux poison des flèches de cupidon, me fit vœux
Que rien n’égal vraie flamme en provenance des forges de Vulcain.

Mais voila où cela mène d’être guerrier et de l’amour guéri,
On devient gladiateur, esclave craignant Venus l’impératrice
Car sous l’armure un cœur qui n’assume pas nos vices.
Et pour le taire, évitant l’arène, nous moisissons ici,
(Dans nos cages imaginaires.)

Un sursaut de courage, un flash-back de ton regard qui s’en va
J’m’en fous, je sors.
J’ai froid sans ma chimère sur le dos,
Mais un flash-back de ton regard qui s’en va
J’m’en fous, je sors.

Seulement quelques mètres pour entrer dans l’arène, seulement.
Mais tout est relatif, devant le vide, la distance est changé.
Ces vieilles larmes desséchées alourdissent chaque pas, chaque pied
Devient montagne à soulevé, j’abandonne, le vent a tourné
Un dernier pas désespéré, la raison me rappelle, si seulement…

Oui, je le vois,
plus grand que le soleil,
l’aura de toi,
Déesse.
Plus qu’un seul leitmotiv, connaître enfin ton nom
Si je dois pour cela mettre mon masque en pièce
Qu’importe, vienne donc le ‘oui’ après cent ‘non’

M’y voila enfin, je suis rendu.
Devant l’arène que je n’ai jamais vu.

Un vaste terrain vide habillé
De sable et de graviers
Milles gradins désertés
Par le temps ébréché


Dans l’empirique tribune
Ni démocrates, ni valet
Mais éternelle comme la lune,
Se tient la bien nommé
Ame Sœur.

Je n’ai plus le choix maintenant, la grille s’est refermé
Appelez moi Hermès, déesse, je suis le messager
Le message, et celui qui l’a fait
Ave !
Venus, mon ego vous fait part de son écho
En votre langue, avec vos mots
Cela donnerait certainement
Moritori Te Salutant

Mirez ce bouclier, reflet de ma pudeur,
Je le jette a vos pieds, si telle est votre humeur
Tout comme ce casque qui cache mon visage
De vos yeux, certes, mais aussi de votre rage.

Et ces lourdes épaulettes qui me rendent plus large
Me voila sans, chétif et ridicule
Je resterais pourtant sans aller dans la marge
Puisque mon cœur lui ne recule.

Tombe ensuite ma cuirasse, épousant
Des muscles inexistant
La voilà sur le sol à présent
mais mon cœur rugissant,
M’empêche d’arrêter
La honte sur mes joues
Qui vient juste de couler

Regarde, regarde, je t’offre ces larmes
Que j’offris jadis à ton premier visage,
Et que je ferais couler, jusqu'à ce que, Amour s’ensuive
Je pleure, donc je suis
Et me meurs quand l’ego les essuie.

Oui j’ai peur de votre courroux,
Oui, mon cœur me fait mettre à genoux
Mais je n’en peux plus vivre ce calvaire
Ce soupir incessant, (nos cages imaginaires)

Alors me voila nu, faites ce que bon vous semble
Donnez moi l’éternelle liberté,
Ou faites que la Terre tremble
Mais j’ai fait ce que je devais
Laisser mon cœur au moins une fois
Etre le messager.

Elle se leva de son trône et fixa mon torse coté gauche
Brandit ensuite son bras les cinq doigts dans son poing
Le pouce à l’horizontale, et le sourire en coin
A cet instant, qu’importe si brûlera ou réchauffera sa torche

Puisque j’allais enfin connaître le vrai sens du mot
Fin
# Posté le samedi 09 octobre 2004 13:55
Modifié le samedi 09 octobre 2004 14:11

Six Cartes

Six Cartes
Je suis né sur un coup de poker,
Vécu sous la tutelle d’un roi peu ordinaire
Et au dernier pli, trouverai mes repères.
Mes origines : six cartes, trois paires.

Au nom du père,
Au nom du père,
Au nom du père.

Au nom du père, celui qui n’en a point
Paire de testicules, mais père néanmoins.
Etait-ce pour des devises ou par curiosité
Qu’il offrit le liquide dont on fait nouveau né ?

Et quelles furent ses pensées lorsqu’il éjacula :
Ses yeux rivés vers le ciel ou sur un magazine ?
Sa tête, pleine d’amour ou pleine de vide ?
Savait-il que son sperme qu’une femme congela
Serait un garçon dans X jours plus 9 mois ?

Et ce petit bocal, qu’il remit en main propre
Le donna-t-il sans peine à l’infirmière en robe ?
Sur cette paire de cartes, je n’ai que des questions.
Je jouerai mes jokers, mais parmi les millions,
Un seul aura un cœur, unique affirmation !

Au nom du père,
Au nom du père,
Au nom du père.

Au nom du père, celui-là est comme le tien.
Enfin j’espère.
De ceux qu’on sent qu’il vous aime
Mais ne dit rien.

Petit garçon né à Bayonne
Il voulait faire bandes dessinées
Mais quand l’artiste se bâillonne
Il devient dessinateur de plans carrés.

Casse un peu pour voir les lignes droites de tes dessins !
Transforme l’Abeille de l’imagination en essaim.
Tiens bon les courbes comme tu tiens la main de maman :
Naturellement.

Et puis sinon…

Ton dard m’a piqué de toute façon !
Ainsi soit-il s’il n’a pu m’être transmis
Qu’en arrachant ton abdomen, dedans, son fruit
Je le ramènerai à la même ruche, chiche,
Mais je ne permettrai jamais qu’il soit talent gâché ;
Y ajouterais donc ton arrière goût de talent caché.
Sûr !
Sans ta piqûre,
Mes rimes auraient été moins riches, moins sucrées.

Roi de trèfle derrière sa dame de cœur.
Se croit valet, à peur et perd de sa valeur.

Au nom du père,
Au nom du père,
Au nom du père.

Au nom du père dit spirituel, concret
A ce jour autant que nuage de fumée.
Sans sexe et de sept mille visages,
Avec tous, collé à la rétine gauche
Derrière le sang, le foutre et les larmes,
Ce sourire en coin que rien n’amoche.

Ils peuvent tout perdre, ont déjà tout perdu.
Un bras après la guerre, un œil qui a trop vu,
Un être qui était cher, l’humanité foutue…
Mais ce qu’ils ont toujours et que toujours auront,
C’est ce sourire en coin puisque c’est ce qu’ils sont.

Encore d’autres rictus, nain jaune, sept de carreau
Encore d’autres rictus, tu sais bien qu’il m’en faut.
Paternel éternel, définit en un mot :
Autodérision.
As de pique, bouffon.

Ce sourire en coin que rien n’amoche.

Au nom du père,
Au nom du père,
Au nom du père.

Vous qui fîtes de moi un fils saint d’esprit,
Jouons cartes sur table pour que je reste ainsi.
# Posté le lundi 27 décembre 2004 03:10